#bestof #worstof — — : ” La haine ou le commun” + (was: ” Resterons-nous spectateurs de l’irrémédiable ?”, Clémentine Autain …

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Reminder: All of Our Blogs are compilations, citations; hence, you will find very little I myself write (10% -Not. Not even 1%; )

we may reproduce some article in its entirety, once in a while; but, soon enough, you will find the link only …

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Resterons-nous spectateurs de l’irrémédiable ?

(NDE: Nous publions qqs articles de 2014 –Nul doute que Clémentine actualisera son coup de gueule –

Une droite extrême banalisée, une gauche atomisée et impuissante, un état de sidération politique qui se généralise… C’est pourtant maintenant qu’il faut réagir. Pour ne pas périr.

 En ce lendemain de week-end politique, nous avons la gueule de bois. La fascination devant Marine Le Pen a franchi un nouveau cap. Il n’y a qu’à voir toutes ces bouches bées devant l’irrésistible ascension de la patronne d’extrême droite, réélue à la tête d’un FN rajeuni, pimpant, déterminé à prendre les rênes du pouvoir. Tournant en boucle, les images de “Marine” triomphante ne sont pas contrebalancées par des dents mordantes, pertinentes, efficaces, à même de tenir la dragée haute à ceux qui représentent un si grand danger pour la démocratie, l’égalité, la liberté.

Pendant qu’Éric Zemmour profite à plein de toutes ses tribunes libres dans les grands médias, madame Le Pen se pavane de plateau en plateau pour expliquer qu’elle seule peut redresser la France et se porter garante de notre République. On s’étrangle. Face à ce spectacle de banalisation, sentez-vous le parfum du scandale, un vent de révolte qui souffle et gronde ? Eh non. Comme si la sidération avait pris le dessus. Et les sondages viennent, chaque semaine un peu plus, planter dans le paysage le scenario autrefois impensable d’une victoire du FN.

N’avoir plus que le choix entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ?

Or, aussi ahurissant que cela puisse être, c’est du côté de l’UMP que les regards se tournent pour trouver le sésame contre l’irrésistible ascension de l’extrême droite. Alain Juppé, chemise ouverte à la une des Inrocks, est ainsi transformé en meilleur rempart d’une Marine Le Pen aux portes de l’Élysée. Alain Juppé, nous rabâche-t-on à longueur d’éditos, serait en passe d’incarner « un espoir pour la gauche ». Diantre. Nous parle-t-on de cet ancien premier ministre contre lequel nous avons marché sous la neige pendant des mois en 1995 parce qu’il voulait nous imposer un plan de liquidation du système de retraite ? Est-il question de ce leader d’une droite sûre d’elle-même, déroulant interviews après interviews son projet libéral et réactionnaire ? Nous parlons bien de cet homme de l’UMP. Le peuple de gauche serait aujourd’hui prêt à se pendre à son cou. Pire, cet électorat est même appelé à se préparer à une autre hypothèse ultime : choisir in fine Nicolas Sarkozy contre Marine Le Pen. Qui l’eut cru ?

À Regards comme ailleurs, nous nous demandons comment il est possible d’en être arrivé là. Nous savons bien que le gouvernement, menant une politique de droite au nom de la gauche, a cassé les repères et brisé les espoirs. Nous voyons bien que le Front de gauche n’a pas réussi à capter le mécontentement qui en découle, à incarner une alternative crédible de gauche, trop associé qu’il est à l’union de la gauche, et donc au PS, et empêtré dans ses difficultés internes, sa cartellisation, son manque de créativité collective. Nous avons pleinement conscience que l’hégémonie culturelle est polarisée à droite, bien à droite, et que le mouvement social est à la peine, trop atteint par les échecs répétés et les méfaits de politiques néolibérales et austéritaires qui cassent les statuts, les liens sociaux, les vies. Oui, tous les pans de la tradition du mouvement ouvrier sont en crise.

Trouver un sens commun, une force commune

Mais sommes-nous condamner à choisir entre, d’un côté, le reniement des valeurs de gauche au nom du pragmatisme et, de l’autre, la répétition des vieilles recettes et l’éclatement des forces ? Les échecs passés nous rendent-ils si apathiques, refermés sur nous-mêmes, apeurés devant une situation sociale et politique potentiellement désastreuse que l’audace nécessaire dans la période resterait introuvable ? Allons-nous nous laisser bercer par les événements ou prendre le taureau par les cornes en assumant le travail de refondation, sur la forme et sur le fond, et de renouvellement à même de susciter la mise en mouvement, de fédérer les énergies collectives et individuelles, vers la création d’une nouvelle force de transformation sociale et écologique ? Est-il possible que, sur ce champ de ruines à gauche, nous sachions être responsables et susciter à nouveau le désir d’engagement ?

Il en va de la reconstruction de l’imaginaire comme du cadre organisationnel. Les forces disponibles pour mener cette entreprise politique sont nombreuses en France aujourd’hui. Elles sont chez les femmes de chambre du Royal Monceau comme à Notre-Dame-des-Landes, chez les Fralib comme à Grenoble parmi les élus qui retirent un marché de publicité au géant Decaux pour reprendre les murs de la ville. Elles s’expriment au cinéma pour clamer « On a grèvé » ou dans le roman d’aujourd’hui, à l’instar de La petite communiste qui ne souriait jamais. Mais que pèsent ces résistances et espaces d’invention s’ils restent éclatés, loin d’un sens commun qui se dégagerait par une force commune ? Des alternatives concrètes existent, se pensent et s’inventent. Nous ne partons pas de rien. Mais la perspective n’est pas (encore tracée) et le temps presse.

Ou les forces d’alternatives se mettent ensemble au travail, lucides sur le besoin de convergences nouvelles et le niveau de refondation à produire pour être audible et crédible. Ou nous n’aurons plus qu’à aller vivre dans des arbres.

Accueil > Politique | Par Clémentine Autain | 12 janvier 2015

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La haine ou le commun

La haine ou la démocratie, la peur ou le commun : au lendemain des tragédies et de l’immense mobilisation populaire du 11 janvier, la République se trouve à un point de basculement. Nous devons peser pour qu’elle se remette durablement debout.

L’élan populaire fut inédit, bouleversant, historique. Partout dans le pays, ensemble, nous avons marché contre les crimes politiques ayant visé Charlie Hebdo, une épicerie casher, des policiers – en somme, des assassinats qui nous visaient. Le peuple touché s’est levé pour défendre les principes fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité. Il n’est pas venu manifester à l’appel de tel ou tel, mais au nom de valeurs communes. Le peuple y tient et il a raison.

Place à la politique

La présence d’ennemis de la démocratie comme Viktor Orban, le premier ministre turc ou Ali Bongo, fut marginalisée par la foule, comme la tentative de récupération institutionnelle, des partis politiques, du gouvernement ou de l’austère Union européenne. Oui, il y eut quelque chose d’absurde dans la présence de tant d’huiles réactionnaires se réclamant de Charlie. Mais l’essentiel fut ailleurs. Avoir fait peuple dimanche a constitué l’événement politique. Avec pour armes des crayons et pour mots d’ordre : « I’m not afraid », « même pas peur ».

Et maintenant ? Le jour d’après fait place à la politique. Car l’unité autour d’un refus et d’une affirmation de grands principes ne vaut pas « union sacrée ». La période qui s’ouvre est celle de la confrontation démocratique sur les racines du drame et les réponses à apporter. Là, les chemins se séparent autour de corpus de solutions radicalement opposés, et qui se structurent autour de deux grandes logiques : l’une guerrière, sécuritaire et réactionnaire ; l’autre émancipatrice, à même d’avancer sur le chemin de la démocratie, la liberté, l’égalité et favorisant la paix.

Des voix vont s’élever pour entériner la « guerre de civilisation », plaider pour un Patrioct Act à la française, s’en prendre aux musulmans au nom de la lutte contre le djihaddisme ou exiger la fermeture des frontières. « Il y a des libertés qui peuvent être facilement abandonnées », a d’ores et déjà affirmé Claude Guéant, quand le FN proclame partout « on vous l’avait bien dit » (sous-entendu, nous avions raison de stigmatiser les musulmans), quand Marine Le Pen demande le rétablissement de la peine de mort (manière de signifier que la solution autoritaire est de saison).

La politique de la peur

Face à l’émotion et la peur engendrées par ces actes terrifiants, la voie sécuritaire, guerrière, fondée sur le rejet et la haine, a sa cohérence. Mais elle est à la fois inefficace et mortifère. Nous ne devons pas être en guerre – les mots doivent être pesés. Qui serait l’ennemi ? Une autre civilisation ? Un ennemi de l’intérieur ? S’engager dans cette voie, c’est prendre l’immense risque d’une guerre sans fin, d’un engrenage dramatique pour tous. Se lancer dans une guerre permanente et généralisée serait antinomique avec la paix civile. Comme si l’Etat l’État de droit n’était pas en état de faire face.

Tout un arsenal de mesures liberticides et xénophobes accompagnerait l’Etat l’état d’exception ainsi enclenché. Et en avant les contrôles accrus aux frontières, alors même que la carte d’identité des frères Kouachi était bien française. Et allons-y pour la peine de morts, comme si les martyrs n’étaient pas déjà prêts à se suicider pour leur funeste projet politique. Des mesures tout à la fois sans effet positif pour répondre à la question posée, celle de combattre le djihaddisme, mais sapant les fondements de nos valeurs républicaines, favorisant le repli et brisant le vivre ensemble.

Pour répondre à la peur, une batterie de nouvelles lois augmentant la surveillance généralisée peut donner bonne conscience aux gouvernants et apaiser l’opinion à court terme, mais n’est elle ne serait pas de nature à régler les problèmes de fond sur lesquels germent les haines. Et l’on peut se demander si, pendant que le flicage à tous les coins de rue et les poubelles transparentes fleuriraient, les moyens humains et financiers des services de police spécialisés contre le djihaddisme seraient, eux, renforcés… Les mêmes vous réciteront l’alpha et l’omega de l’austérité, la réduction des dépenses publiques. Dans la même veine, les mêmes qui donnent des conférences à 100.000 euros au Qatar, pays connu pour financer les réseaux d’Al Qaida et de Daesh, vous expliqueront que « l’immigration complique les choses » (Nicolas Sarkozy). La fermeté doit être celle de nos valeurs et de nos principes républicains.

Une réponse démocratique

Une toute autre logique doit s’exprimer avec force. C’est celle contenue dans la phrase du maire d’Oslo après l’attentat du néo-nazi Breivik : « La punition sera plus de générosité, plus de tolérance, plus de démocratie. » S’il faut s’atteler à démanteler les réseaux djihaddistes, clarifier certaines relations et positions géopolitiques, se demander pourquoi et comment de jeunes fFrançais ont envie de se lancer dans les filières djihaddistes, affronter la réalité de nos prisons qui ne permettent pas de se reconstruire, mais peuvent conduire à une aggravation des comportements criminels, la réponse à apporter ne doit pas se situer sur le registre des régressions liberticides et des encouragements à la haine contre une partie de la population, en l’occurrence la population musulmane – qui n’est pas, faut-il le rappeler, une “communauté” parce qu’elle est très hétérogène.

La réponse doit se situer sur le terrain de la révolution sociale et démocratique, à même de donner de la chair au “vivre ensemble” qui est au cœur des questionnements après ces assassinats politiques. Pour que la haine recule, il faut que la démocratie, l’égalité, la liberté progressent.

Or la promesse républicaine est en panne. Le pouvoir du capital sur nos vies fait reculer la démocratie et creuse les injustices. Le libéralisme économique et son chômage de masse, l’explosion des inégalités, la casse des droits sociaux, le démantèlement des services publics, la corruption au sommet de l’État, la démocratie vacillante en France et Europe sont autant d’atteintes aux valeurs qui ont fondé la République, celles pour lesquelles nous sommes descendus dans la rue ce week-end.

Donner du souffle

La faiblesse de la projection dans un destin commun, porteur de progrès humain, est un terreau fertile du repli, des racismes, du désarroi grandissant, en particulier chez les plus jeunes. Depuis des années, nous vivons dans un climat de rejet des musulmans, qui est devenu une forme contemporaine du racisme, de rivalité entre les formes de xénophobie et de montée de l’antisémitisme. La théorie du « choc des civilisations », l’audience des thèses d’un Zemmour et des fantasmes romanesques d’un Houellebecq ne produisent pas du commun, mais figent les identités et installent des frontières, des tensions, des concurrences au sein du peuple.

Si la laïcité doit être réaffirmée aujourd’hui, c’est dans ses deux pans : le droit au blasphème, le droit de se penser et de se dire “irréligieux” et le respect de la liberté de culte, de tous les cultes. Affirmer un seul de ces deux principes contenus dans la valeur de laïcité, c’est prendre le risque de briser le cadre républicain. Dans les manifestations, la tonalité fut clairement du côté de l’antiracisme. L’onde de choc populaire n’a pas fait la part belle au tout sécuritaire ou au repli communautaire. Une mobilisation anti anti-musulmane, anti-immigrée, aux relents d’extrême droite, à l’instar de ce qui se passe en Allemagne ou de ce que représente en France le vote pour le FN, aurait pu avoir lieu. Ce ne fut pas le cas. Le nombre a exprimé le désir de vivre ensemble dans la liberté. Cet élan considérable a permis de faire reculer la peur et de donner du souffle aux jours d’après.

Rien n’est joué. De quel côté la société française va-t-elle basculer ? Il est évidemment trop tôt pour le dire. Si la droite extrême et le cercle infernal des haines guettent, l’immobilisme menace aussi. Les gouvernants peuvent agiter les mots et continuer comme avant. Mais ce mouvement qui a exprimé dans la rue son envie de commun et de liberté n’a peut-être pas dit son dernier mot.

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-We post some of the best articles of 2014 —

we shall update when/if Clémentine does–here aboce = cf. ci-dessus.

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