news: Audrey Pulvar : « On ne peut plus séparer vie privée et vie publique »

In France-Antilles: (La présentation –formatting –est pas terrible/ we’re working on it )

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Audrey Pulvar : « On ne peut plus séparer vie privée et vie publique »

Propos recueillis par Romain Schué Samedi 18 janvier 2014

Elle n’est peut-être plus en première ligne dans les médias mais, à 41 ans, Audrey Pulvar n’a rien perdu de sa franchise. L’ancienne compagne d’Arnaud Montebourg livre son ressenti sur « l’affaire Hollande/Gayet » et évoque son inquiétude face à la poussée du racisme en France.

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  1. Linternaute.com ‎- il y a 23 heures
    Voir sa vie privée étalée au grand jour, Audrey Pulvar connaît évidemment cette sensation. L’ancienne compagne d’Arnaud
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Votre relation avec Arnaud Montebourg avait été très médiatisée. Qu’avez-vous ressenti en voyant les photos de François Hollande et Julie Gayet dans le magazine Closer ?
 
Vivre au quotidien avec des paparazzis, c’est très désagréable, c’est un viol d’intimité permanent. Ils t’attendent devant chez toi, dans la rue, à la sortie d’un restaurant. J’ai moi-même été obligée d’intenter plusieurs procès à la presse people alors que je suis loin d’être la personne la plus en vue en France. Cette affaire est sans doute horripilante pour François Hollande mais elle doit surtout représenter un choc extrêmement violent pour Valérie Trierweiler. Et c’est certainement aussi très désagréable pour Julie Gayet.
 
Un ministre ou un président de la République peut-il réellement avoir une vie privée ?
 
Un président ou un ministre a le droit d’avoir une vie privée. Mais s’il s’attend à ce que personne ne la viole, c’est qu’il vit au pays de « Oui-Oui » . Face à cela, soit il prend les mesures nécessaires pour ne pas se faire attraper au petit matin, soit il en subit les conséquences. Mais il est clair qu’aujourd’hui, à ce niveau de notoriété, on ne peut pas totalement séparer vie privée et vie publique.
 
De nombreux élus, de tous bords, ont mis en scène leur vie privée ou leur famille, dans des magazines. Peuvent-ils ensuite se plaindre d’être épiés ?
 
Effectivement, c’est à double-tranchant. On ne peut pas s’afficher avec sa femme, comme François Hollande avec Ségolène Royal qui venait d’accoucher ou lorsqu’il a accepté de poser avec Valérie Trierweiler, et s’insurger ensuite parce que des photos volées révèlent l’existence d’une maîtresse. Ou alors il faut carrément réfléchir à l’interdiction de la presse people. Mais ça, c’est une autre histoire…
 
Pensez-vous qu’il faudrait créer un statut officiel de Première Dame en France, comme c’est le cas aux Etats-Unis ?
 
Je pense que cela doit relever du choix personnel de l’intéressée. Soit on choisit d’être dévouée au chef de l’État et on peut à ce moment-là prétendre à un statut particulier avec un rôle, des bureaux et un budget dédiés, soit on continue sa carrière. Personnellement, j’ai été très déçue par le choix de Michelle Obama, une femme brillante et cultivée. Elle a arrêté son métier dans un hôpital public pour devenir, comme elle l’a affirmé : « The mom in chief » (La mère en chef). Elle aurait pourtant pu prendre une décision très moderne…
 
L’autre grand sujet de polémique du moment vous touche puisqu’il concerne le retour d’un certain racisme dans la parole publique. Cela vous inquiète-t-il ?
 
 
Le racisme existe. Il n’est jamais parti. Il s’est installé dans les esprits. Je l’ai personnellement subi tout au long de ma carrière. N’importe quel noir de France, même s’il n’a rien à se reprocher, doit parfois se justifier d’être là. Le problème aujourd’hui, c’est que la condamnation de la parole raciste n’est plus aussi forte qu’il y a une dizaine d’années. Le discours raciste ou antisémite est de plus en plus assumé. Certaines idées se répandent d’une manière décontractée et sont relativisées.
Un soir, avec Arnaud Montebourg, nous avons été agressés par de jeunes skinheads qui ont entonné des chants antisémites en faisant le salut nazi. Lorsque je racontais cette histoire, certaines personnes me disaient : « Mais ce n’est pas grave puisque vous n’êtes pas juifs! » . Mais justement, c’est grave! Face à de tels comportements, tous les êtres humains doivent être choqués.
 
Considérez-vous Dieudonné comme dangereux ?
 
Oui, Dieudonné M’bala M’bala est dangereux. Et Manuel Valls a eu raison de demander l’interdiction de son spectacle. Il fallait dire stop. Les défenseurs de la République doivent se faire entendre. Dieudonné a dépassé les bornes. Il fait preuve, sur scène et dans ses déclarations, d’un antisémitisme total, sans équivoque. C’est son fonds de commerce depuis dix ans. Il participe à la banalisation de la parole antisémite. Or, je considère qu’on ne peut pas tout dire au nom de la liberté d’expression. On a le droit d’avoir une opinion. Mais en parler publiquement, c’est autre chose.
 
Êtes-vous inquiète pour l’avenir de la société française ?
 
Ça me préoccupe. Il y a de plus en plus de crispation. Les gens n’arrivent plus à se parler, à débattre, à confronter des points de vue. Il y a de plus en plus une logique de clan, une radicalisation de la population, une défiance vis-à-vis de son voisin. Je trouve ça inquiétant.
Parlons de votre carrière : vous avez été en première ligne sur France Télévisions, i>Télé et France Inter. N’est-ce pas frustrant de n’être, aujourd’hui, qu’une simple chroniqueuse ?
C’est vrai, ce n’est pas la place à laquelle je suis habituée. Mais tout se passe bien avec Laurence (Ferrari, la présentatrice des deux émissions dans lesquelles Audrey Pulvar intervient, NDLR) et ma carrière est loin d’être terminée. J’espère revenir prochainement au premier plan. Peut-être est-ce encore trop tôt car je suis toujours marquée au fer rouge. Je ne suis pas lavée de tout soupçon…
 
On vous ferait payer votre ancienne relation avec Arnaud Montebourg ?
 
Clairement Il y a un avant et un après. Pour l’instant, je suis toujours en phase de décontamination et j’attends le « après » du « après » (elle rit). Mais j’ai encore 35 années de vie professionnelle devant moi, j’ai le temps de me refaire. Un peu contrainte et forcée, j’ai fait un pas de côté dans ma carrière. J’espère que l’on me refera confiance pour incarner un nouveau programme.
 
Comment réagissez-vous à cette mise à l’écart ?
 
C’est une sacrée ironie de l’histoire. Je me suis construite toute seule, sans l’aide d’aucun homme, je n’ai jamais été mariée. Tout cela a été douloureux, je l’ai mal vécu. Ce n’est pas facile à accepter. Mais c’est du passé.
 
Sur D8, vous avez découvert Roselyne Bachelot dans un nouveau registre. En septembre, Daniel Cohn-Bendit et Jeannette Bougrab ont également fait leur apparition dans les médias. D’autres personnalités politiques pourraient-elles faire bonne figure à la télé ?
 
Je ne sais pas si ça l’intéresse, mais José Bové pourrait être très bon à la radio ou la télé. Martine Aubry également. Elle apporterait un regard différent et argumenté. Mais en France, quitter la politique pour les médias, ce n’est pas une pratique très répandue, contrairement à ce qui se fait aux États-Unis.
 
Et vous, pourriez-vous faire le chemin inverse ?
 
(Catégorique) Je ne ferai jamais de politique. Mon père en a fait toute sa vie et ça l’a coupé de sa famille. J’ai vu à quel point la politique peut être vorace. Et je ne pourrais jamais avaler les couleuvres que d’autres ingurgitent en permanence. J’ai des convictions. Et si je m’engageais, je serais sûrement malheureuse.
 
Pour faire une carrière en politique, il faudrait donc renier ses convictions ?
 
Ils, ou elles, nous le prouvent tous les jours… Moi, je n’y arriverais pas.
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