in the news: “L’Union syndicale des magistrats dénonce le “bilan limité” de Christiane Taubira “…

Alors que nous publions depuis quelques semaines des articles sur ” l’Affaire Taubira ” (trop médiatisée à notre goût), le racisme, l’ignorance en France et tutti quanti …,  depuis quelques semaines … pour ne pas dire: depuis toujours !  force est de constater que son bilan –comme celui de l’ensemble du gouvernement: est loin d’être brillant.

#CentLivres — ” L’écrivain Patrick Chamoiseau … sur Taubira ” …. http://wp.me/p1bMNw-hz

Nous citons par ailleurs Chamoiseau sur Taubira; et, ici, nous consacrons ce post à l’avis du Syndicat de la Magistrature: Taubira est la ministre de la Justice, ne l’oublions pas.

=======

L’Union syndicale des magistrats dénonce le “bilan limité” de Christiane Taubira

LE MONDE | 16.11.2013 à 09h47 • Mis à jour le 17.11.2013 à 20h39 | Franck Johannès

à

Le président de l’USM, Christophe Régnard, accueille la ministre de la justice au congrès du syndicat, le 15 novembre.
Le président de l’USM, Christophe Régnard, accueille la ministre de la justice au congrès du syndicat, le 15 novembre. | JACQUES DEMARTHON/AFP

Christiane Taubira a été cueillie à froid, vendredi 15 novembre, au 39e congrès de l’Union syndicale des magistrats (USM), à Paris. La garde des sceaux, le visage fermé, a écouté sans sourire une bonne heure d’impitoyable réquisitoire de Christophe Régnard, le président du syndicat qui représente les deux tiers des magistrats et ne passe pas pour avoir sa langue dans sa poche. Ce congrès marque incontestablement un tournant et signe la fin de l’état de grâce pour la ministre – elle avait été longuement applaudie debout en 2012 au congrès de Colmar.

===========

Le congrès s’intitulait « Paroles » et s’il y a une chose qui agace Christiane Taubira, c’est bien qu’on la soupçonne de tenir le ministère de la parole, de parler bien et de faire peu. « L’année qui vient de s’écouler, au-delà des paroles publiques souvent apaisantes, a attaqué Christophe Régnard, est clairement celle des désillusions quant aux actes. »

Il a certes fait applaudir la ministre en dénonçant les attaques racistes dont elle est l’objet, mais quel est son bilan, en dehors du mariage pour tous ? « Quelques circulaires en matière pénale. Une réforme symbolique et a minima des relations entre le ministère et les parquets. Et la création d’innombrables et parfois redondants groupes de travail, missions et commissions », auxquels d’ailleurs, l’USM se plaint de n’être pas convié. « Voilà pour un bilan sommaire, a dit Christophe Régnard, et finalement, pour l’instant, plutôt limité de votre action Place Vendôme. Derrière les beaux discours, quelles réelles actions ? »

Il y en a. « L’absence de stigmatisation des magistrats au gré des faits divers », dont l’USM avait pourtant pris l’habitude sous Nicolas Sarkozy. Pour le reste, « la justice est-elle vraiment une priorité du gouvernement ? », s’est interrogé le président, pour qui toutes les rencontres avec la chancellerie « ont quelque peu tourné à l’aigre ».

LE SYNDICAT RÉCLAME « UNE RÉFORME D’AMPLEUR DU PARQUET »

La réforme du Conseil supérieur de la magistrature a été reportée sine die faute d’un accord entre l’Assemblée et le Sénat, et l’USM a suivi « avec effarement » les débats parlementaires. Le syndicat s’inquiète que la ministre ait « cédé aussi facilement » sur le coeur de la réforme, le rétablissement d’une majorité de magistrats au Conseil.

La loi sur l’interdiction des instructions individuelles est pour l’USM symbolique et n’a guère changé les pratiques. « Vous avez dit que vous vous attacherez à consolider l’indépendance des magistrats. Consolider est le mot juste. Quelques étais sur un édifice en ruine… »

Le syndicat réclame « une réforme d’ampleur du parquet » pour sortir « de la suspicion de politisation », et s’alarme de la création d’un procureur financier national – « Je frémis à l’idée de ce qui pourrait advenir, si demain ou après- demain, a dit Christophe Régnard, devait être nommé à ce poste un magistrat, ami très proche du pouvoir en place. »

L’USM se flatte enfin d’avoir permis de rendre « consensuelle » la réforme pénale sur la prévention de la récidive en insistant, avec les syndicats de policiers, auprès du ministre de l’intérieur, de Matignon et de l’Elysée, ce qui fait toujours plaisir Place Vendôme.

Christophe Régnard a eu beau conclure sur une citation de René Char, Christiane Taubira est venue au pupitre « le coeur serré », les dents aussi. Pour la ministre, à entendre l’USM, « jamais garde des sceaux n’a été si affligeant et hostile à la magistrature » – elle a tort, c’était pire pour ses prédécesseurs. Elle a compris que le thème du congrès n’évoquait pas « la parole d’Etat, qui donne du sens à l’action politique, à la République » et estime que l’USM a préféré « la dérision ». « Ma parole, a dit la ministre, se veut claire, forte, constante, sans ambiguïtés, sans calcul et demeure strictement la même. La parole est importante, parce qu’elle engage. »

La garde des sceaux, soupçonnée de privilégier le syndicat concurrent – le Syndicat de la magistrature, essoré électoralement par l’affaire du Mur des cons – a nié tout ostracisme envers l’USM. « Vous êtes un syndicat majoritaire et cela vous donne une responsabilité supérieure », en reconnaissant, certes, « des désaccords, des divergences ».

Pour le reste, la ministre a défendu pied à pied son bilan, dénoncé les errements de l’ancienne majorité – 385 postes de magistrats seront vacants au 1er janvier (5 % du corps), faute d’avoir recruté à temps –, et égrené les mesures prises ou à prendre.

Mais la garde des sceaux s’est vivement agacée d’être soupçonnée d’avoir laissé traîner pendant trois semaines sur son bureau la liste de mutation des magistrats (la « transparence ») et a envoyé à son tour quelques missiles. Notamment sur la faible estime, pour dire les choses poliment, qu’ont les magistrats des parlementaires, qui ont « le dernier mot dans une démocratie ».

Le ton est resté poli de justesse, la ministre a conclu que « la parole des magistrats était irremplaçable » et qu’elle avait « la responsabilité de l’entendre dans sa diversité ». Seulement deux petites citations pour finir (c’est dire son énervement), l’une d’Isocrate, tiré d’un texte qui s’avère avoir été présenté à l’admissibilité au concours des écoles en 2011 ; l’autre de Freud, « on commence par céder sur les mots on finit parfois de céder sur les choses », et elle est partie. « Au moins les choses auront été dites de part et d’autre », a conclu philosophiquement Christophe Régnard.

About jonwadier

Translator
This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s